Pour ceux qui se rappellent, je vous avais présenté mes amis les What’s up men dans cet article. Bref, pour résumer, ceux-ci furent la cible des coups de matraques des matons de Sanlitun, enfin surtout ceux qui sont d’origine africaine, les blacks, comme le relate cet article du Guardian, où il apparaît très clairement que l’amalgame entre couleur de peau et activités illégales fut le moteur principal de cette opération coup de poing.
Horrible amalgame donc, qui fait d’une partie de la population étrangère le coupable tout désigné et la victime d’un arbitraire indigne d’une ville qui ne rate jamais une occasion de fanfaronner qu’elle accueille les prochains jeux olympiques.
« J’ai vu un gars qui se faisait battre par des gamins. Il ne faisait rien (de mal). Il n’essayait même pas de résister » relate un témoin d’origine américaine.
« Je n’ai jamais vu quelque chose d’aussi brutal » nous apprend un autre témoin de la scène. « Il y avait du sang dans la rue. Ils frappaient tout simplement tous les noirs qu’ils pouvaient trouver. »
A moins d’un an des JO, ça promet…
Hesiem, Pékin (Chine)
Si vous connaissez un peu Pékin pour y avoir résidé ou simplement passé quelques jours, vous avez certainement eu l’occasion de tomber sur eux… ou plutôt, il ont du vous tomber dessus quand vous êtes passé dans Sanlitun pour boire un verre ou sortir avec les amis un soir de week-end. Eux aussi, ils battent le pavé pour se faire des tunes, mais ils ne vendent pas le même genre de rêve. Ça change un peu du traditionnel « Lady Bar, Massage (prononcé ma sa ji), Sex Sex (sai ke se) », mais au final on s’en lasse assez rapidement.
Classiquement ça se passe comme ça : Tu te ballades tranquille dans Sanlitun et tu te fais accoster par un black qui n’hésites pas à te barrer discrètement le chemin et te tendre une poignée de main amicale (censé te retenir si tu t’arrêtes et tombes dans le piège) qui s’accompagne de la phrase clé : What’s up man ?
Soumis à une telle question en provenance d’un inconnu, on est souvent un peu pris au dépourvu surtout quand on à la main prise dans l’étau de notre nouvel ami. S’en suit une autre phrase classique sensé amadouer la peur irrationnelle du petit blanc : Where are you from ?
Alors forcément, là on s’imagine qu’on a vraiment de la chance de vivre à Pékin car on arrive même à se faire de nouveaux amis dans la rue. On déchante assez vite car la 3e phrase annonce la couleur : You need some shit ? Là, l’interrogation n’est plus possible, à moins d’être un lapin de 3 mois, on sent bien qu’on est tombé dans la relation Client – Fournisseur. Chacun est libre de continuer cette conversation qui peut mener vers la conclusion d’une transaction et si on doit en rester là, notre nouvel ami ne nous en tiendra pas rigueur, prêt à déployer sa stratégie commerciale vers de nouveaux horizons… Un peu sec cette approche commerciale. Un client ça se travail dans le temps, surtout quand l’offre est pléthorique.
Victimes de leur succès sous la forme what’s up man, ils ont fini par adopté cette appellation comme appellation contrôlée. Seront-ils un jour copié par les chinois qui, fidèles à leurs habitudes, casseront le marché en proposant des prix défiant toute concurrence (et la qualité dans tout ça…) ?
Vous avez besoin de quelque chose, les what’s up man sont la pour vous fournir.
Hesiem, Beijing (Chine)

- S'il vous plait mademoiselle, les chaussures vous les faites à combien ?
- 2800
- C'est un peu exagéré comme prix, non ?
- Non, pas du tout. C'est des chaussures qui sont normalement produites pour l'export.
- (Ouaaaiii merdeeeeeeee !) A ce prix là autant acheter une paire de Gucci, plutôt qu'une paire de Gucco made in China. Allez, tu nous les fais à 150 kuai tes savates ?
- Non, non, pas possible. J'vous offre une remise de 10% maximum.
- Non merci, on va s'en passer, ciao.
- (La vendeuse nous poursuit dans l'allée) 20% off, my very last offer !
Même tableau pour les slips CK vendus 10 kuai à Xidan et proposé ici à 40 kuai sans possibilité de marchander. On repassera dans 6 mois pour voir si la mentalité a évolué.

Vous connaissez certainement la rue Nord de Sanlitun, celle qu'on appel la rue des bars et qui se situe dans le district de Chaoyang. C'est en effet là ou sont apparus les premiers bars de pékin il y a déjà quelques années… Dans la portion Nord, vous y trouvez des bars à l'ambiance chinoise avec leurs employés qui viennent sur le trottoir vous alpaguer. La portion Sud… a déjà disparue quand à elle, mais c'était le repère des laowai pendant les soirées d'été. Ce quartier est entrain de vivre un de ces liftings dont seul la Chine est capable : Raser l'ancien pour construire du neuf. Certes, les anciens logements des rues adjacentes n'étaient pas les plus confortables de la ville, mais ce quartier faisait parti du patrimoine de pékin pour ainsi dire. C'était toujours agréable de se poser à la terrasse d'un café par un après-midi ensoleillé ou bien profiter du tumulte de cette rue la nuit. De nos jours… vous vous baladez un quart d'heure dans ce quartier et vous en ressortez couvert d'une couche d'un centimètre d'épaisseur tellement les chantiers sont nombreux. Mais ça n'empêche pas les plus téméraires d'y retourner le soir venu pour y faire la fête et vous pouvez même y retrouver un petit air de Sanlitun Sud si vous traînez entre le Pochers et Kai Club.
En me baladant dans le quartier cet après midi, j'ai pris cette photo des ouvriers qui peignaient sur le mur d'enceinte d'un des chantiers : 新三立屯 (Le nouveau Sanlitun). Mouuuuai.. pour l'instant c'est pas encore ça et Sanlitun ressemble plutôt à un quartier dévasté par une pluie de bombes.







